Opinion publique européenne


Sonder, mesurer, observer « l’opinion européenne »

 

Dans son Livre Blanc sur une politique de communication européenne de 2006, la Commission des Communautés européennes déplore le fossé qui sépare l’Union européenne (UE) de ses citoyens. « Comprendre », « sensibiliser » voire « façonner » l’opinion publique européenne est nécessaire pour donner à l’Europe « un visage humain » et pour éviter que l’UE ne soit perçue comme « anonyme ». Quelques années plus tard, à l’ère de la montée massive des revendications nationalistes, que ce soit en Hongrie, en Autriche, en Pologne ou au Royaume-Uni, il semble que l’existence même d’une opinion publique européenne qui attesterait de la réussite de « l’unification » ou de « l’intégration européenne » soit plus que jamais sujette à caution.

Les obstacles, réels ou supposés, à la constitution d’une véritable opinion publique européenne sont bien connus et tiendraient à l’absence d’une sphère publique digne de ce nom (Kaelble, 2002). Multilingue, élitiste et composite puisqu’elle consiste essentiellement en un réseau de sphères publiques nationales (van de Steeg, 2002), la sphère publique européenne serait au pis un artefact idéologique, au mieux un idéal improbable. Faute d’une expérience historique, d’un langage et surtout d’un lieu communs qui permettraient l’élaboration conjointe des préoccupations et des revendications citoyennes, une telle sphère ne semble guère pouvoir se constituer et se maintenir. Un tel « euroscepticisme » est d’ailleurs partagé par les instances dirigeantes elles-mêmes. « Étant donné qu’il n’existe pas de sphère publique européenne », dit le Rapport du Parlement européen sur le Livre blanc dans son « Exposé des motifs » (2006), « il incombe aux institutions de recourir aux outils qui permettent à un maximum de citoyens d’accéder à l’information […]. Toutefois, l’idée d’investir les citoyens du rôle d’instigateurs de la participation et du dialogue n’est pas raisonnable. Il serait totalement inutile d’écouter attentivement ce qu’auraient à dire des citoyens désinformés. […] L’information est prioritaire, puisque sans elle, il n’y a pas d’opinion possible, ou tout au moins d’opinion utile ». Même si « l’idée d’établir un système de communication à double sens entre l’Union européenne et ses citoyens » est accueillie favorablement, celle-ci ayant « la volonté d’accorder plus d’attention à l’avis des citoyens sur l’Europe », « l’idée d’investir les citoyens du rôle d’instigateurs de la participation et du dialogue ne semble pas raisonnable ».

Du point de vue des autorités européennes, l’opinion publique renvoie ainsi aux opinions agrégées des « citoyens de l’Union » qui sont informés « à travers les initiatives des institutions ». Dans un espace européen qui se veut démocratique, un tel mouvement « top-down » impose au potentiel « public » européen une forme de dégradation statutaire. En effet, celui-ci n’est pas l’instance législatrice ultime, l’autorité souveraine dont la puissance devrait être, en démocratie, proprement constituante. Le public européen n’est pas non plus un méta-principe de régulation qui permettait de contrôler le fonctionnement des institutions publiques prétendant parler et agir en son nom. Ni instance constituante, ni instance régulative, il n’est qu’une instance consultative qui permet aux institutions européennes d’observer et de mesurer, notamment grâce aux enquêtes de sondages organisées, dès 1973, par le programme de la Commission européenne Eurobaromètre, les attitudes ou les valeurs des Européens par rapport à la démocratie, les droits de l’homme, le statut de la femme, la crise migratoire, le sentiment d’insécurité, le degré de « conscience européenne » ou la « confiance entre les peuples ». Une floraison d’indices et d’indicateurs permet ainsi de satisfaire le désir des « entrepreneurs d’Europe » de connaître et de suivre régulièrement « l’état de l’opinion » à l’égard de l’Europe, ainsi que d’élaborer des outils prospectifs qui visent à former et à informer les populations des États membres (Aldrin, 2010). Désertant son lieu d’origine, c’est-à-dire la place publique et les conversations ordinaires, l’opinion publique est confinée dans un dispositif qui se voit crédité d’une double légitimité : la légitimité politique, puisqu’elle inclut en principe tous les citoyens qui ont, quelle que soit leur condition, le droit à la parole et le pouvoir de la prendre, et la légitimité scientifique, puisque l’enregistrement et la mesure des opinions suivent des procédures strictement codifiées qui garantissent la fiabilité des résultats (Blondiaux, 1998).

Sous de tels auspices, les nombreuses critiques adressées aux sondages d’opinion paraissent pleinement justifiées. Véritable artefact discursif, l’opinion publique européenne revêt les atours d’une « opinion non-publique » qui délaisse les procédures de délibération et de montée en généralité qualitative pour la « mêmeté » quantitative des opinions privées (Habermas, 1962). Dans une telle perspective, « l’opinion publique européenne n’existe pas » (Bourdieu, 1973). Elle est une fiction idéologique qui prétend substituer « la moyenne des opinions » aux manifestations collectives et directes de l’opinion, potentiellement disruptives et revendicatrices, que sont susceptibles d’exprimer les associations civiles, les référendums, les pétitions ou les manifestations de rue (Eley, 1992). L’invocation des sondages d’opinion publique préserve ainsi l’illusion démocratique de la participation des citoyens à la décision politique en faisant du jugement d’approbation ou de désapprobation le seul mode d’expression légitime du nombre en politique (Kaufmann, 2006). Surtout, l’opinion sondagière que capture Eurobaromètre supprime la visée normative qui est censée animer l’opinion publique, celle de l’intérêt général, ainsi qu’un certain degré d’ouverture et d’expérimentalité (Dewey, 1927). Réduisant l’opinion publique à l’expression privative et surtout « réactive » des avis individuels, les sondages d’opinion court-circuitent l’épreuve critique et rationnelle de la délibération qui permet de transformer les opinions privées en une opinion publique digne de ce nom.

 

L’unification européenne : une opération « de second degré »

Toutefois, il serait dommage de réduire la question de l’opinion publique européenne à l’artefact aseptisé que construisent, de façon souvent bien intentionnée, les discours et les dispositifs officiels des autorités européennes. Une telle question soulève l’enjeu plus général des formes transnationales d’expériences et d’opinions collectives (Bärenreuter et al., 2009). Quelles seraient, en effet, les conditions de formation et d’expression d’une opinion véritablement publique et véritablement européenne ? Bien entendu, la réponse dépend de ce que l’on entend par « public » et par « européen ». Parle-t-on d’une opinion sur les affaires européennes et donc de l’Europe comme un objet d’opinion ou d’une opinion des Européens et donc de l’Europe comme sujet d’opinion (Reynié, 2005) ? Et si l’on parle de l’Europe comme sujet d’opinion, parle-t-on d’une opinion qui serait déjà pré-existante, exprimant les valeurs partagées d’une communauté, d’un peuple préconstitué, ou l’opinion à venir d’un collectif en formation qui reposerait sur un accord plus ténu et superficiel, potentiellement révocable ? En d’autres termes, l’Europe repose-t-elle sur une culture et des traditions communes, une communauté européenne (Gemeinschaft), un peuple uni par des liens substantiels et une identité a priori ou doit-elle simplement être considérée comme une Société des Nations (Gesellschaft), qui se caractérise par des relations a posteriori, volontaires et révocables ? (Tönnies, 1887) On le voit, l’opinion publique européenne rejoue, à l’échelle internationale, la tension sinon l’antagonisme qui se joue déjà à l’échelle des nations : celle entre une existence juridique minimale et une essence historique maximale (Nora, 1992). Pour certains penseurs, le fait qu’il n’existe pas de peuple européen au sens d’une origine, d’une langue et d’une histoire communes (la fameuse « no-demos-thesis ») rendrait même impossible la constitution d’une opinion publique européenne (Böckenförde, 1997). Mais une telle perspective méconnaît le caractère volontariste d’une nation civique dont l’identité collective n’existe pas indépendamment du processus démocratique qui lui donne naissance (Habermas, 2000). L’opinion publique, dit Jürgen Habermas, n’a pas besoin d’un peuple européen préexistant pour advenir à l’existence ; la conception civique de la nation, par opposition à une conception ethnique, conçoit la citoyenneté démocratique comme une solidarité, abstraite et fondée sur le droit, entre étrangers.

Cela étant, même si l’on évite soigneusement d’« ethniciser » ou de « culturaliser » l’opinion publique, la question de son existence continue à se poser. Une telle question est cruciale : seule une véritable opinion publique européenne serait à même de combler le fossé qui sépare l’Europe des citoyens et l’Europe des États-nations, la « matière sociale » des pratiques et préoccupations citoyennes et la « forme juridico-politique » de l’UE. Sans une opinion publique qui attesterait de la participation active de ses membres, citoyens ou nations, l’Europe resterait un projet inachevé, une forme relativement vide et finalement illégitime dont le maintien ne reposerait que sur l’imposition verticale de ses décrets.

De manière tout à fait édifiante, le problème que la réalisation effective de la « Communauté européenne » pose actuellement à l’échelle européenne s’est posé à l’échelle nationale dans de nombreux pays européens. Comme le rappelle Jürgen Habermas (2000), la forme artificielle d’identité collective que constitue l’État-nation ne s’est pas imposée aisément : elle est le fruit d’un processus douloureux d’abstraction qui a permis la longue conversion d’une conscience locale et dynastique à une conscience nationale et démocratique. C’est donc un processus d’abstraction de second degré qui se pose aujourd’hui à l’échelle européenne – une abstraction d’autant plus problématique que la communauté européenne est une communauté encore plus imaginée que les nations qui la composent. En effet, comme le dit Benedict Anderson (1983), toutes les nations sont des « communautés imaginées » ; contrairement aux sociétés d’interconnaissance marquées par des interactions de face-à-face, elles sont des entités sociales trop grandes pour que ses membres puissent en avoir une connaissance directe. La nation ne peut que faire l’objet d’une expérience médiate, c’est-à-dire médiatisée par tous les moyens de communication et de représentation (statistiques, journaux, musées, etc.) susceptibles de faciliter l’identification « en Nous » d’individus distants et anonymes. A fortiori, l’existence de la communauté européenne dépend de ces nouvelles formes d’imagination collective, nourries de l’étrange communication entre absents propre aux médias modernes, qui permettent à des êtres pourtant dissemblables et lointains d’entretenir l’image de leur communion. Cette imagination collective est d’autant plus vitale que les nations européennes, loin de fusionner dans une entité de rang supérieur, gardent une grande partie de leur autonomie et de leur souveraineté première.

Dans un tel contexte, la formation d’une véritable opinion publique est bien un enjeu fondamental : elle doit relier deux échelles de citoyenneté, celle des individus et celle des États-nations, et donc procéder à deux processus de totalisation successives. Le premier processus de totalisation permettrait de transformer des valeurs et des croyances individuelles en une opinion officiellement majoritaire ; le second processus de totalisation permettrait de transformer l’hétérogénéité des positionnements nationaux en une opinion transnationale qui se donnerait à reconnaître comme telle. Or, il n’est pas sûr que l’opinion publique européenne puisse effectivement émerger d’une telle constitution par étapes, bien que ce soit celle que tend à postuler l’approche nationale de l’opinion, favorisée, entre autres, par les enquêtes de sondages organisées par Eurobaromètre. D’une part, comme le souligne Dominique Reynié (2005), les lignes de fracture des opinions européennes sont moins les frontières nationales (i.e. opinion du Danemark vs opinion de la France) que les clivages sociaux qui scindent l’organisation interne des différents États (i.e. l’opinion d’un jeune Danois diplômé est plus proche de celle d’un jeune Français diplômé que d’un jeune Danois non diplômé). L’opinion ou plutôt les opinions publiques européennes seraient donc moins la résultante des différentes opinions nationales que des opinions stratifiées qui ont été élaborées dans des espaces sociaux « transfrontaliers ». D’autre part, la constitution d’une véritable opinion publique européenne implique, comme le dit Norbert Elias (1987), que le groupe de rang inférieur, en l’occurrence la nation, perde aux yeux de ses membres une large part de sa valeur comme unité du Nous pour confier au groupe d’un rang supérieur, en l’occurrence l’Europe, la fonction d’unité du Nous. Or, une telle inhibition de l’identité nationale au profit de l’identité européenne est épisodique et dépend largement des problèmes qui sont en jeu ; par exemple, il est possible de parler d’une opinion publique européenne à propos de la politique sociale, mais pas du génie génétique (Kantner, 2010). Cependant, il est malgré tout difficile de concevoir une véritable opinion publique européenne qui n’aurait pas court-circuité les références nationales, régionales ou confessionnelles, pour mieux consacrer le collectif européen comme étant la seule instance de référence pertinente de telle ou telle cause publique.

 

Les ressorts de la formation de l’opinion publique

Est-ce que cela signifie que l’opinion publique européenne n’existe pas ou ne pourra jamais exister ? Pas nécessairement. En effet, si les obstacles à la formation d’une véritable opinion publique, fût-elle éphémère, sont nombreux, il ne faut pas oublier les facteurs qui pourraient faciliter son émergence. Ainsi le fait que les sondages Eurobaromètres ne se soient pas encore imposés dans le grand public comme le mode d’enregistrement légitime de l’opinion européenne pourrait s’avérer un avantage. Échappant au travail sériel et « privatisant » des instances intermédiaires, notamment les instituts de sondages, l’opinion doit trouver d’autres manières de s’exprimer. Du coup, elle pourrait bien retrouver des voies non policées d’expression et de critique, imprévisibles et mal aimées des autorités, telles que les grèves, les manifestations de rue ou les pétitions. De plus, le fonctionnement électoral du système représentatif européen est trop clairement disjoint de la « politique d’en-bas » des jugements critiques et des revendications citoyennes pour que le vote puisse être perçu comme le prolongement « naturel » de l’opinion publique. Dès lors, le seul moyen, pour l’opinion publique européenne, d’affirmer son existence est de tenter d’influencer directement le pouvoir. C’est bien à une telle influence qu’ont œuvré les manifestations de masse contre la guerre en Irak qui ont émergé dans toute l’Europe en 2003. Elles ont permis, comme le souligne Bertrand Badie (2005), l’entrée en force de l’opinion sur la scène européenne – une entrée en force qui est l’expression de la « revanche des sociétés sur les États » ; bousculant les murailles de la géopolitique, l’existence d’une opinion européenne a remis en question le présupposé politique selon lequel gouvernants et gouvernés fusionnent dans une entité unitaire dès qu’il s’agit de questions internationales. En montrant que les affaires internationales ne sont pas les « affaires étrangères » mais les « affaires de tous », l’opinion européenne, dit Bertrand Badie, a obligé les États-nations à partager la gestion de la chose internationale.

Rivalisant avec les diplomaties d’État, la diplomatie d’opinion manifeste ainsi l’émergence d’un « sujet » collectif hybride, tout à la fois foule et public. Une foule car les citoyens européens qui « votent avec leurs pieds », par exemple contre la guerre en Irak, dans les lieux symboliques de la prise de décision politique, court-circuitent les « manifestations de papier » que leur réserve d’ordinaire le monde aseptisé de la rhétorique politique (Champagne, 1990). Un public car une opinion publique européenne ne peut être que décentrée et multiforme, se concrétisant dans une pluralité de « sphères publiques mosaïques » (e.g. ONG, réseaux associatifs, entreprises multinationales, etc.), dont l’échelle varie en fonction des controverses spécifiques qui les font émerger (Bastien, Neveu, 1999). Ces sujets collectifs hybrides émergent des moments d’effervescence collective qui permettent à des individus de reconnaître la supériorité du groupe auquel ils appartiennent et de participer corps et âme à son maintien. Ces moments effervescents sont par excellence des moments totalisants, tant du point de vue phénoménologique et dramaturgique que délibératif. Grâce à cette triple totalisation, l’opinion publique européenne pourrait s’avérer plus « réelle », collective et directe que ses homologues nationaux.

Le problème, là encore, est qu’un tel surgissement est intermittent et circonstanciel : il requiert une opposition tout à la fois politique et morale à l’égard d’une opinion publique autre, telle que l’opinion publique américaine lors des manifestations contre la guerre en Irak. Or, le pouvoir de totalisation des discours qui misent sur la configuration « ami-ennemi » est redoutablement efficace mais politiquement dangereux. En ramenant l’opinion publique dans un espace de contraste, de compétition et d’affrontement polémique, voire polémologique, il risque à tout moment de basculer d’un « agir-pour » à un « agir-contre » qui se nourrit de la différence et du différend, sinon de « l’étranger » (Freund, 1965).

 

Jeux d’échelle et dispositifs médiatiques

Bien entendu, les médias, au sens large de « techniques de représentation » (sondages, statistiques, récits, images, etc.), ont un rôle clé à jouer dans l’élaboration et la constitution de l’opinion publique. Confrontés à cette nécessaire et improbable invention d’un monde commun entre étrangers (Dewey, 1927), les médias doivent organiser le rassemblement à distance qui permet à tout un chacun de se concevoir comme le membre d’une collectivité élargie que seul le travail de l’imagination permet de saisir. Pour ce faire, ils doivent remplir le rôle de centres de gravité narratif en rendant sensible et tangible la totalité européenne, que ce soit par le biais de récits informationnels qui assumeraient, contrairement à Euronews, leur fonction narrative, ou par le biais de récits fictionnels qui donneraient à voir « l’européenne condition » qui relie, par-delà leurs différences apparentes, les formes de vie nationales. Mais ce travail de sensibilisation doit se faire à toutes les échelles de citoyenneté, à tous les niveaux d’interaction, de la conversation de rue aux grands récits médiatiques. Seules les discussions « horizontales » autour des questions européennes peuvent conjurer le danger des « communautés sans conversation » qui hantent les modèles de la démocratie délibérative (Peters, 2006). En entrant en résonance avec le travail plus asymétrique de « communalisation » auquel œuvrent les médias à grande diffusion, ces conversations qui font, à petite échelle, l’opinion, pourraient contribuer à la revitalisation du projet politique européen.

 

On le voit, une opinion publique qui pourrait être qualifiée d’européenne ne renvoie ni à l’expression des élites autorisées, généralement bavardes, dont le soutien à la « cause européenne » est d’ores et déjà acquis, ni à la terra incognita de l’opinion commune, non dite ou mal dite, dont les contestations voilées, les attentes muettes se manifestent généralement de manière indirecte, dans des pratiques d’abstention, de rejet ou de retrait. Elle renvoie plutôt au travail fondamentalement conjonctif d’élaboration des préoccupations communes qui, en suivant un jeu d’échelles ascendant et descendant, serait à même d’ancrer les questions européennes dans le champ d’expérience et l’horizon d’attente des citoyens ordinaires.


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Auteur·e·s

Kaufmann Laurence

Théorie sociale, enquête critique, médiations, action publique Université de Lausanne (Suisse)

Citer la notice

Kaufmann Laurence, « Opinion publique européenne » Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. Mis en ligne le 12 avril 2019. Dernière modification le 13 mai 2019. Accès : http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/opinion-publique-europeenne.

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